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Déremboursement médicaments et impact sur les étudiants sans mutuelle

Impact du déremboursement de médicaments sur les étudiants sans complémentaire santé, risques et solutions.

Le déremboursement de médicaments frappe particulièrement les étudiants sans mutuelle complémentaire, qui doivent assumer seuls les frais non pris en charge par la Sécurité sociale. Sans complémentaire santé, chaque médicament déremboursé devient une dépense 100 % à la charge de l’étudiant, ce qui peut rapidement peser sur un budget déjà serré. Comprendre ces mécanismes et les solutions disponibles est essentiel pour ne pas renoncer aux soins.

Qu’est-ce que le déremboursement de médicaments et pourquoi ça touche les étudiants ?

Le déremboursement, c’est la décision de l’État de retirer un médicament de la liste des produits pris en charge par l’Assurance maladie. Concrètement, la Sécurité sociale ne rembourse plus rien sur ce médicament : vous payez l’intégralité du prix en pharmacie.

Pour un salarié avec une mutuelle d’entreprise, l’impact est souvent amorti. Pour un étudiant sans complémentaire santé, c’est une autre histoire.

Les étudiants sont particulièrement exposés pour plusieurs raisons :

  • Ils ont des revenus faibles ou nuls (bourses, jobs étudiants)
  • Beaucoup ne souscrivent pas de mutuelle pour économiser
  • Ils consomment régulièrement certains médicaments ciblés par les déremboursements (antitussifs, mucolytiques, antidouleurs légers, homéopathie)
  • Ils ont souvent quitté la couverture familiale sans y penser

Depuis 2020, plusieurs vagues de déremboursements ont touché des centaines de spécialités. En 2025, cette tendance s’est accélérée, avec notamment des médicaments à “service médical rendu insuffisant” (SMRI) retirés de la liste.

Quels médicaments ont été déremboursés ces dernières années ?

La liste est longue et continue de s’allonger. Voici les grandes catégories touchées depuis 2020 :

Médicaments déremboursés ou en cours de déremboursement :

  • Homéopathie : déremboursée totalement depuis 2021
  • Antitussifs et mucolytiques : nombreuses spécialités retirées (Toplexil, Drill, Hexapneumine…)
  • Médicaments contre les troubles de la mémoire : Tanakan, Ginkgo Biloba remboursés retirés
  • Certains antidouleurs et anti-inflammatoires légers
  • Vasculoprotecteurs et veinotoniques (Daflon partiellement, Ginkor Fort…)
  • Médicaments contre les troubles digestifs légers

Exemple concret 1 : Un flacon de sirop antitussif comme Toplexil coûtait environ 4,50 € après remboursement. Depuis son déremboursement, il faut débourser entre 6 et 9 € en totalité. Pour un étudiant qui en achète 3 ou 4 par hiver (rhumes, bronchites), c’est 25 à 35 € de dépenses supplémentaires par saison.

Exemple concret 2 : L’homéopathie représentait en moyenne 30 à 40 € de remboursements annuels pour les utilisateurs réguliers. Depuis 2021, ces montants sont entièrement à la charge du patient. Pour un étudiant qui y recourait pour gérer stress et troubles du sommeil, c’est une centaine d’euros de plus par an.

Exemple concret 3 : Certains veinotoniques prescrits pour les jambes lourdes coûtent désormais 10 à 15 € sans aucun remboursement. Pour une étudiante qui travaille debout en job étudiant et en prenait régulièrement, la facture annuelle peut dépasser 60 €.

Comment le déremboursement impacte-t-il concrètement le budget étudiant ?

Un étudiant boursier dispose en moyenne de 300 à 600 € par mois. Les soins de santé représentent souvent une part invisible mais réelle de ce budget.

Voici une estimation des surcoûts liés aux déremboursements selon le profil :

Profil étudiantMédicaments concernésCoût annuel avant déremboursement (reste à charge)Coût annuel après déremboursement
Étudiant en bonne santéAntitussifs, anti-douleurs ponctuels15 à 25 €40 à 70 €
Étudiant avec pathologie chronique légèreVeinotoniques, anti-reflux légers30 à 60 €80 à 150 €
Étudiant stressé/anxieuxHoméopathie, compléments20 à 40 €60 à 120 €
Étudiant avec plusieurs traitementsCombinaison de plusieurs spécialités50 à 80 €150 à 250 €

Ces chiffres peuvent sembler modestes, mais sur un budget étudiant serré, 100 à 200 € de dépenses santé supplémentaires par an, c’est souvent synonyme de renoncement aux soins.

Pourquoi les étudiants sans mutuelle sont-ils les plus vulnérables ?

Sans complémentaire santé, l’étudiant ne bénéficie que du remboursement de base de l’Assurance maladie. Quand un médicament est déremboursé, il n’y a aucun filet de sécurité.

Avec une mutuelle étudiante, certaines garanties peuvent couvrir une partie des médicaments déremboursés, notamment via des forfaits bien-être, des remboursements de médecines douces, ou des plafonds de remboursement sur les produits de parapharmacie.

Les risques concrets pour un étudiant sans mutuelle :

  • Renoncement aux soins : 30 % des étudiants déclarent avoir renoncé à des soins pour raisons financières (enquête OVE 2023)
  • Automédication non adaptée : achat de génériques ou de substituts moins efficaces
  • Aggravation de pathologies : une bronchite non traitée correctement peut évoluer en pneumonie
  • Impact sur la scolarité : absentéisme, difficultés de concentration, stress financier

Le problème est d’autant plus grave que les étudiants sont souvent en période de transition : ils ont quitté la couverture familiale, ne savent pas toujours qu’ils peuvent souscrire une mutuelle à faible coût, et pensent être en bonne santé donc “pas concernés”.

Pour en savoir plus sur les aides disponibles, consultez notre guide sur la CSS et aide complémentaire santé pour étudiants boursiers.

Quelles solutions existent pour les étudiants sans mutuelle face aux déremboursements ?

Plusieurs dispositifs permettent de limiter l’impact financier des déremboursements. Voici les principales options :

1. La Complémentaire Santé Solidaire (CSS)

Anciennement CMU-C et ACS, la CSS est gratuite ou quasi-gratuite pour les étudiants boursiers et ceux aux revenus modestes. Elle couvre les dépassements d’honoraires et certains frais non remboursés.

  • Gratuite si revenus < 9 600 €/an environ
  • Participation de quelques euros par mois au-delà
  • Accessible directement via l’Assurance maladie

2. Les mutuelles étudiantes à tarif réduit

Des offres existent à partir de 10 à 20 € par mois pour les étudiants. Elles couvrent notamment :

  • Les médicaments remboursés avec un complément
  • Parfois les médecines douces et les produits déremboursés via des forfaits
  • Les consultations chez des spécialistes avec dépassements

Consultez notre comparatif des meilleures mutuelles étudiantes 2025 pour choisir l’offre adaptée à votre situation.

3. Les génériques et biosimilaires

Pour les médicaments encore remboursés, préférer le générique réduit le reste à charge. Le pharmacien peut souvent proposer des alternatives moins chères.

4. Les associations et épiceries sociales universitaires

Certains CROUS et associations étudiantes proposent des aides d’urgence santé ou des fonds de solidarité pour couvrir les frais médicaux imprévus.

5. Le médecin traitant et les prescriptions alternatives

Un médecin traitant peut parfois substituer un médicament déremboursé par une alternative encore remboursée, ou rédiger une ordonnance pour un générique équivalent.

Quel est le coût réel d’une mutuelle étudiante face aux déremboursements ?

Beaucoup d’étudiants pensent que la mutuelle coûte trop cher. Pourtant, le calcul est souvent en faveur de la souscription.

SituationSans mutuelleAvec mutuelle à 15 €/mois
Coût annuel de la mutuelle0 €180 €
Surcoût déremboursements (profil moyen)100 à 200 €Partiellement couvert
Consultation spécialiste (dépassement)30 à 80 € à chargeRemboursé partiellement
Lunettes (si besoin)0 € remboursé50 à 150 € remboursés
Soins dentairesMinimum légalComplément significatif
Bilan annuel estiméDépenses imprévisiblesBudget maîtrisé

Pour un étudiant qui consulte 2 à 3 fois par an un spécialiste et achète régulièrement des médicaments, une mutuelle à 15 € par mois s’autofinance souvent dès la première année.

Comment choisir la bonne mutuelle étudiante pour faire face aux déremboursements ?

Tous les contrats ne se valent pas. Voici les critères à vérifier en priorité :

  • Forfait médecines douces : couvre-t-il les produits homéopathiques, phytothérapie, ostéopathie ?
  • Remboursement des médicaments non remboursés : certains contrats prévoient un forfait annuel (30 à 100 €)
  • Délai de carence : y a-t-il une période avant d’être couvert ?
  • Réseau de soins : le contrat est-il compatible avec votre médecin et pharmacie ?
  • Prix et éligibilité CSS : avez-vous droit à la CSS gratuite ou à une aide ?

Si vous êtes en apprentissage ou en CDD, votre situation est particulière. Consultez notre guide sur l’assurance santé étudiant en apprentissage pour connaître vos droits spécifiques.

Et si vous avez des préoccupations liées à votre santé mentale — stress, anxiété, dépression — sachez que certaines mutuelles couvrent désormais les consultations psychologiques. Notre article sur la mutuelle étudiante et prise en charge psy en 2025 vous donnera toutes les informations utiles.

Quelles sont les démarches pour souscrire une mutuelle étudiante rapidement ?

Voici les étapes concrètes pour se couvrir sans perdre de temps :

  1. Vérifier son éligibilité à la CSS sur ameli.fr (gratuite ou quasi-gratuite pour les revenus modestes)
  2. Comparer les offres de mutuelles étudiantes sur des comparateurs en ligne ou directement auprès des organismes (LMDE, SMEREP, mutuelles régionales)
  3. Vérifier les garanties liées aux médicaments déremboursés et aux médecines douces
  4. Demander le délai de carence pour planifier la souscription avant un besoin prévisible
  5. Souscrire en ligne : la plupart des mutuelles étudiantes permettent une souscription 100 % digitale en moins de 15 minutes
  6. Conserver l’attestation pour la présenter en pharmacie ou chez le médecin

Questions fréquentes

Les médicaments déremboursés peuvent-ils être couverts par une mutuelle étudiante ?

Oui, certaines mutuelles étudiantes proposent des forfaits annuels pour les médicaments non remboursés par la Sécurité sociale, généralement entre 30 et 100 € par an. Il faut vérifier cette garantie spécifiquement dans le contrat, car elle n’est pas systématique dans les offres d’entrée de gamme.

Un étudiant sans revenus peut-il obtenir une mutuelle gratuite ?

Oui, la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) est accessible gratuitement aux étudiants dont les revenus ne dépassent pas un certain plafond (environ 9 600 €/an en 2025). Les étudiants boursiers sont souvent éligibles. La demande se fait directement sur ameli.fr ou auprès de la CPAM.

Combien coûte en moyenne une mutuelle étudiante en 2025 ?

Les offres de base démarrent autour de 10 à 15 € par mois, soit 120 à 180 € par an. Des formules plus complètes, incluant optique, dentaire et médecines douces, se situent entre 25 et 50 € par mois. Pour les étudiants boursiers, la CSS peut réduire ce coût à zéro ou quasi-zéro.

Le déremboursement concerne-t-il aussi les médicaments sur ordonnance ?

Oui, certains médicaments sur ordonnance ont été déremboursés, notamment ceux classés en “service médical rendu insuffisant” (SMRI). Dans ce cas, même avec une ordonnance, la Sécurité sociale ne rembourse rien. Seule une mutuelle avec les bonnes garanties peut compenser partiellement ce coût.

Est-il obligatoire d’avoir une mutuelle quand on est étudiant ?

Non, la mutuelle n’est pas obligatoire pour les étudiants (contrairement aux salariés qui bénéficient d’une mutuelle d’entreprise obligatoire). Mais face à l’accélération des déremboursements et au coût croissant des soins, souscrire une complémentaire santé reste fortement conseillé, même pour les étudiants en bonne santé.

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